Night of the Living Dead de George Romero
Commande d'une pièce sonore pour un ciné-concert le 29 MAI 2010 - ESPACE SAINT-RÉMI Bordeaux
Centre Jean Vigo
Comment ne pas réveiller les morts vivants?
Aller voir un film dans une salle de cinéma est pour moi proche de l'expérience de l'hypnose et j'avoue avoir vu mes films préférés dans un état de semi-conscience. Pas vraiment du sommeil ni un état de veille, un état intermédiaire, flottant, agréable sans l'être totalement.
On peut sûrement expliquer cet état par le confinement des salles de cinéma, l'absorption immodérée et déculpabilisé de sucre sous diverses formes et le clignotement envoûtant de la lumière du projecteur sur l'écran. Bref une sorte d'espace régressif joyeux, un cocon mis au point depuis plus d'un siècle pour un spectacle sensitif et total. Au tout début le cinéma était l'affaire de forains, un bricolage sympathique dont on voyait les ficelles mais qui faisait son effet. Des trains qui nous foncent dessus, des gens qui sortent du boulot, la vie mais avec tellement de petites choses en plus à regarder, des détails qui nous échappent habituellement.
On était à la même période que l'invention de la psychanalyse et ses techniques d'hypnose qui devait permettre de dompter l'inconscient fougueux qui nous martyrise, on peut légitimement se demander si Freud et les Frères Lumières ne prenaient pas l'apéritif ensemble et discutait au bout du comptoir de leur dernières trouvaille...
Le Docteur Freud pour être honnête ne voyait pas le cinéma d'un bon oeil, peut-être un peu de jalousie qui le pousse à dire: "Il ne me parait pas possible de faire de nos abstractions une présentation plastique qui se respecte un tant soit peu."
Mauvais joueur donc.
J'estime pour ma part que certains films devraient être prescrit par les spécialistes de nos idées enfouies dont certaines pas très nettes et Night of the Living Dead de George A. Romero en fait partie.
Ces films à voir absolument, de ces oeuvres faites avec modestie mais desquels on sort pas tout à fait pareils que lorsqu'on est entré. Waahou c'était une "tuerie" mais c'était quoi au fait!?
C'est pour toutes ces bonnes et mauvaises raisons que je suis heureux de tenter avec ma musique de ne pas réveiller les zombies.

